Open Bar Cinéma/Télé

  • Auteur de la discussion Lt-Marion-Cobretti
  • Date de début

viciouus

Grand Maître
#1 621
3 films notables en ce début 2017 :

TORA ! TORA ! TORA !

Le premier film de guerre objectif d'outre-manche qui ne dépeint pas l'ennemi comme un bouffi caricatural. Il y a de beautés et une énergie des deux côtés sur un fond d'objectivité historique dépeignant la guerre des 2 points de vue.
Sur la forme, c'est surtout un film de toute beauté qui donne à ces personnages un bronzage éclatant du pacifique qui rend ce film d'une couleur photo remarquable qui n'a pas vieillis et qui ne vieillira sûrement peu.

LE FILS DE SAUL

Sans aucun doute, le film plus fort que j'ai vu sur le sujet avec une mise en scène et des décisions de réalisations d'une ingéniosité rare. Il est souvent dit au sujet de la shoah qu'on ne peut montrer l'inmontrable. Ce film y arrive tout en maintenant ce profond sentiment d'horreur et de dégoût qui en appelle à notre humanité.

Impossible de ne pas penser à "Requiem pour un massacre" sur ce fond d'ambiance dépressive, humide et sylvestre, avec pourtant en moins, la sauvagerie Allemande en arrière-plan. Le matraquage politique n'existe pas, on plonge seulement dans une usine à broyer dans un sursaut d'humanité. Le côté industriel de la chose nous rappelle la chose essentielle à savoir : c'est que l'on peut se plaindre des concours de victimisation sur des points philosophiques.
Mais la Shoah démontre que les progrès technologiques de l'humanité sont également au service de ses bas instincts : des milliers de grand navires ont transporté des Noirs d'un continent à l'autre, la bureaucratie et la logique industrielle ont accéléré des processus d'extermination.

Pour être franc, j'ai mis quelques jours à m'en "remettre". Il me restait quelques flashs, ce qui fait sûrement de ce film, quelque chose de mémorable que je n'ai pas vu depuis longtemps.

MANCHESTER BY THE SEA

Superbe film sur un drame populaire de banlieue nord-américaine. Un film apposé sur une bande son dramatique qui donne du contour à ces vies brisées du quotidien. Ce qui est extraordinaire dans ce film c'est la démonstration et le fatalisme courageux des quidams. La vie est ainsi faites, elle s'effondre, on fait face avec douleur et acceptation.

Casey Affleck, dramatiquement drôle, attendrissant, torturé, écrase en un seul film la carrière de son frère.
 

viciouus

Grand Maître
#1 622
ALIEN COVENANT de Ridley Scott

Repartis sur la veine de Prometheus, voilà une nouvelle facette de la saga dans le registre "origine". Je risque de ne pas être objectif, vu qu'à la manière de Mad Max, l'univers m'accroche peu importe le scénario. J'ai adoré les théories développées dans Prometheus et de ce point de vue je suis resté sur ma faim à ce sujet dans ce nouvel opus. Par contre, je suis obligé d'être fasciné par la superbe tension entretenue durant le film. On croirait revenir au bon temps d'Alien 2. Le bonus étant que visuellement, on reste toujours aussi sur le cul de la SF développé, j'ai l'impression qu'il ne risque pas de vieillir de si tôt et ça tranche clairement avec le côté cheap des premiers épisodes. Le soucis, ce qui bloque l'enthousiasme absolue, c'est le format répétitif d'Alien (comme je l'ai dit plus haut, persos, moi ça ne m'embête pas totalement, c'est la même trame que les Mad Max), l'arrivée, les attitudes cons, la bêbête...etc

D'autant plus que contrairement aux premiers épisodes, il y a clairement un désir de fond entretenu par Scott. C'était très prononcé dans Prometheus, voir dominant. Quitte à déséquilibrer le tout pour presque s'effondrer sur lui-même. Ici la bonne surprise c'est qu'il y a un meilleur développement du fond, MAIS qui reste malheureusement survolé en dépit du personnage très intéressant de Fassbender.

Vu comme ça, le film pourrait se suffire à lui-même et nous éviter un truc bancale à la manière Alien 4. Mais il y a matière à faire et je suis définitivement friand de ces Aliens modernes à la photo bien léchée.
 

darkside07

Grand Maître
#1 623
Il faudra que je balance quelques critiques ici.

On m'avait dit beaucoup de mal de Manchester by the sea, ton avis me donne envie de lui laisser une chance.
 

viciouus

Grand Maître
#1 624
BENNY'S VIDEO de Michel Haeneke.

Issue de la trilogie de la glaciation émotionnelle, on est en plein dedans. Le genre d'oeuvre visuel qui te démontre par A + B qu'on peut faire de la pensée de haut niveau et du cinéma, sans se faire chier, voir en finissant comme saisie d'une espèce de sidération au générique.

SILENCE de Martin Scorsese

Alors le truc avec Scorsese, c'est qu'on a tendance à dire qu'il pêche depuis de nombreuses années par le côté facile holywoodien du divertissement et du spectacle facile. Il paraît que le début de cette tendance c'est Gangs of New York. Dans celui-là (que je me lasse pourtant pas de voir et revoir) il nous rappelle qu'il kiffe les fresques épiques. Du genre à nous refaire le dernier repas du christ encore et encore. Y a même une scène de Gang of New york qui aurait pu être une parodie de lui-même. Mais c'est sa marque soit.
Dans Silence, comme son nom l'indique, pas de BO Rock and Roll, mais la Fresque demeure, qui plus est dans un univers inédit, sur un sujet inédit.

Je dois dire que je ne retiens pas de fond exceptionnel, c'est limite si on se contente d'une histoire avec un fond religieux presque banale. Le tout se tient, mais son grande réflexion. Donc persos ce qui m'a fait tenir 2h40 c'est surtout la situation suffocante de la clandestinité. Il y a bien plus à réfléchir religieusement ou non dans la situation que dans les blablas intérieures religieux.

Ce n'est pas pour moi un grand film. Cela dit, c'est une facette inédite de Scorsese qui suffira à ne pas rendre ce film anecdotique.
 

viciouus

Grand Maître
#1 625
INCENDIES de Denis Villeneuve.

En faites, pour retrouver des chefs d'oeuvres, il faut aller outre-atlantique. C'est sidérant, cet écart de niveau entre notre ciné sclérosé et le talent des cinéastes franco-américain/canadien.

J'ai déjà parlé il me semble du trés prometteur Jérémy Saulnier pour Blue Ruin et Green Room.

En parallèle,j'ai donc enchaîné sur Villeneuve. Après l'excellent Prisoners j'ai repris la filmo sur INCENDIES, drame sur un cadre de proche-orient, aux airs de guerre Multi-confessionnelles. Aucun personnage secondaire, un montage rythmé, une force de frappe émotionnelle. La chose est accentuée par le cadre exotique du film aux accents arabisants. il y a un fond d'une trés grande profondeur sur les thèmes qui jalonnent les guerres civiles. Si bien qu'il m'a fallu quelques heures pour me détacher de la pensée de ce film. Et il y a bien longtemps qu'une oeuvre ne m'a pas fait ça.

ENNEMY de Denis Villeneuve.

J'enchaîne sur ma lancée avec Enemy. J'ai été moins attentif, mais ça m'a rappelé sur le tard, la trés grosse influence de Lynch. Influence qui se remarque sur le montage des films de Villeneuve par endroit. Ici un thème à la fois drôle et profond sur une thématique quotidienne depuis que l'homme est homme. Sur le coup, on est satisfait de la prestation de Jake. Mais je ne risque pas d'en tirer un souvenir impérissable. La photo est très bien, mais la musique est agaçante sur le long. Du surfait quoi. Donc bon. Une première déception sur la filmo.

Mais j'espère que ce sera la dernière, parce que je signale que le Monsieur Villeneuve est au commande du prochain Blade Runner (dont les premières images sont sublimes) et en 2019...de Dune.
 

darkside07

Grand Maître
#1 626
Ah Dune si tu veux voir un super machin je te conseil "Jodorowky's Dune" (J'en ai causé en haut de page).

Sinon j'ai vu DUNKERQUE au ciné. Historiquement le film s'approche plus d'un essai de propagande brittanique, mais il est putain d'immersif, quasi muet, un beau film.
 

viciouus

Grand Maître
#1 627
Il y a eu de véritables scénes virtuoses, les Stukas, le spitfire planant... Mais Nolan s'est auto-caricaturé au bout de une heure de bruitage chrono. On aurait dit le début de la BO Dark Knigt passant de 10 à 60 min. ça m'a donné un goût légèrement amère, un peu comme Interstellar. Comme dirait mon cousin, c'est le genre de mec qui a une idée géniale, qui l'épuise en 30 minutes et qui cabotinent les heures restantes, alors qu'il pourrait en faire un chef d'oeuvre digne de ce nom. Sinon, il y a eu des phases quasi-documentaire : les batailles aéronavales. Trés bien foutu. Mais comme toi, l'arrivée des civils ships frôlait la propagande brit' à la sauce "Pont de la rivière Kwai". Un dommage pour la relégation au 4ème plan des batailles sur la ville de Dunkerque pour illustrer le désespoir pour le côté action. Voir la supériorité allemande déferler aurait eu un intérêt sur l'esprit du film et un élément pour l'action mais bon, trés vite avorté. Au moins, ça a été traité par les brit et pas les américains. On aurait sinon eu à une scéne de drapeau blanc. Finalement, en terme de film de guerre contemporain, faut pour l'instant se ranger sur Fury. Je crains que malgré cette réussite, le film ne restera qu'anecdotique.
 

darkside07

Grand Maître
#1 628
Attention, Masterpeace !

L'Homme Puma 1979 par Alberto di Martino, guest star : Donald Pleasence

Que d'émotions, que d'émotions...!
A l'occasion d'une séance Midnight Movie, j'ai pu voir ce long métrage, en VF, en bobine, avec changement laborieux (pause de 10 secondes entre 2 raccord :lol:).
Le tout dans une salle comble et en ébulition.

L'Homme Puma, c'est une sorte d'ersatz de film de Super Héro, un pastiche de Superman qui s'assume comme tel et vous en donne beaucoupp, beaucoup trop.
Un super héro malgré lui, qui a le sang d'un dieu dans ses veines, qu'un richissime homme cherche à abattre, le super héro est guidé par une sorte de mexicain "Vadino", dans le genre viril gay, qui va l'aider dans sa préparation pour affronter et vaincre le Mal.
La BO est splendide, chaque scène de baston est soulignée par une boucle funk totalement hors sujet, l'Homme Puma tombe amoureux d'une bimbo à la fois intello et complètement con.

Donald Pleasend est culte dans le role du méchant au style excentrique, son jeu est d'une nullité incroyable, il semble souffrir à chaque instant du film.

Tout est kitsch, les répliques du guide mexicain sont toutes New Age, "chaque homme est un dieu, chaque homme est libre", ou autres friandises.

Votre chance ? Le film est sur Youtube en 480p

[video="https://www.youtube.com/watch?v=GAXT1R7z3Ko"][/video]

Evidemment, ne le regardez pas seul, ni sans une bonne bouteille.
 

viciouus

Grand Maître
#1 629
Merde, je savais pas que Donald Pleasance s'est compromis dans une telle oeuvre.

Dernièrement, rien de mémorable hormis Taxi Driver que je n'ai pas vu depuis des années quitte à en oublier la trame. Et pourtant il rentre dans le panthéon de mes films contemporains effrayant. On pourrait faire une thématique "mal contemporain" avec en plus "Le fils de l'homme" ou encore l'adaptation de "Extension du domaine de la lutte" de Houellbecq par Philippe Harel et un surprenant josé Garcia.

Sinon il y a un petit film de zombie qui a une part d'originalité dans l'approche zombie avec quelques scénes d'actions qui vaut son pesant de cacahuètes : "The last girl", à voir si on est un érudit du genre.

J'attends sinon avec impatience le nouveau blade runner. Les images semblent prometteuses, en espérant que ça ne reste pas que dans le tape à l'oeil.
 

darkside07

Grand Maître
#1 630
Bon bah j'ai vu Blade Runner 2049.

Surtout car le film a bonne presse. Je n'ai pas vu la version originale (qu'il faut apparemment voir en director cut)

Je n'ai pas été conquis pas ce 2049. Si esthétiquement on en prend plein la gueule, l'histoire est assez sommaire, il y a peu de personnages vraiment intéressants et c'est très long, voire lent.

Car un film avec un scénario aussi limité ne peut pas durer 2h45 sans ennuyer.
 

viciouus

Grand Maître
#1 631
J'ai été personnellement conquis malgré les imperfections.
Une claque visuelle et sensorielle incontestable qui est surtout réussie lors de la première partie du film, lorsque notre agent blade runner se confronte à sa singularité. Paradoxalement, c'est lorsque le film se détache de son précédent opus qu'il réussit le mieux. Le personnage de Ryan Gosling est excellent avec une belle profondeur. J'ai également beaucoup aimé les non-dits sur ce monde apocalyptique. Par contre la seconde partie du film est un gros cheveux sur la soupe. Le successeur de Tyrel est surfait avec ces airs religieux (un bad Weyland en faites) et ces non-dits se gâchent à l'issue du film avec le retour plutôt merdique de Ford.
Dans l'ensemble, l'ambiance blade runner est respecté, l'univers approfondi (les clins d'oeiles au CCCP et à Atari sont excellents ; bemol, placements de marques à gogo aussi), l'ouverture est faites, avec un intérêt qui se renouvelle et que je rapprocherai de Mad max fury road. Par contre, la fin laisse présager quelque chose qui pourrait tourner au vinaigre si suite il y a.
 
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