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  • Auteur de la discussion Lt-Marion-Cobretti
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darkside07

Grand Maître
#1 601
Tempête

Un drame social, qui, je crois a reçu l'année dernière un prix au festival de Berlin. Bon film français narrant l'histoire d'un père pêcheur sur l'Ile d'heu cherchant à faire au mieux pour élever ses ados...
Brillamment interprété par un authentique pêcheur.

Belgica par le réal d'Alabama Monroe,

On n'atteint clairement pas l'intensité de son précédent film, Belgica, c'est surtout le plaisir de l'immersion dans les folles soirées Belge, à Gand.
Bière, Drug & Rock n Roll. L'histoire en elle même n'est que très peu intéressante mais l'interprétation,, l'ambiance, la formidable BO (par Soulwax) et la qualité de la photographie font de ce film un excellent divertissement enthousiasmant à voir donc, au ciné.

Midnight Special par Jeff Nichols (avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kristen Dunst...)

J'en attendais énormément, après trois premiers films montant crescendo (Shotguns Stories, Take Shelter, Mud !), et j'ai été globalement déçu.
SI le film reste de qualité (réalisation, photo, son..), l'histoire est peu convaincante à mon sens. On a du mal à trouver la magie SF que la BO laissait présager et tout ne semble pas exploité à sa juste mesure, notamment le fameux "Ranch".

Jodorowsky's Dune

Restons SF avec ce documentaire qui est une véritablement perle. Un bijou.

Il retraçe la folle épopée que Jodorowksy entrepris, avec le soutien de Michel Seydoux, pour mener ce projet.

Réaliser Dune en 1975 et en faire le plus grand film de SF de l'histoire.

Devant 2001 !

L'objectif fixé était ambitieux, mais Jodo, fort de ses premiers essais plutôt réussi (El Topo, La Montagne Sacré - je précise que je ne les ai pas encore vu mais que j'ai hâte de me les faire), croyait en lui et en son destin.
Il décida par conséquent de construire une équipe du plus haut niveau possible pour accomplir l'impensable.

Dans ce documentairee il raconte comment il a convaincu les meilleurs dessinateurs (Moebius, Giger...) de travailler avec lui pour créer son Dune.
Tout est illustré avec l'incroyable storyboard réalisé, 3000 scènes dessinées... Des planches incroyables sur chacun des mondes...
Puis vient le casting, Mick Jagger, Dali, Orson Welles... La BO avec pour le monde des "gentils", les Pink Floyd, pour celui des "méchant", Magma.

C'est juste incroyable, ça ne s'est pas fait, à très peu de chose, et quel dommage !

No Lands Song

Un beau film-documentaire, difficile de trancher entre les deux styles, qui retrace la volonté d'une chanteuse Iranienne de faire un concert dans son pays alors qu'aujourd'hui il est théoriquement impossible de chanter en solo pour une femme devant un public mixte.
L'histoire se déroule à la fois à Téhéran et Paris où la protagoniste est allée chercher des chanteuses et musiciens (Jeanne Cheral notamment), qui vont permettre l'émergence de ce projet compliqué.

C'est un beau film sur le combat pour les libertés, on voit toute l'énergie nécessaire pour simplement pouvoir faire un concert, un concert qui n'est qu'à moitié provocant car il n'est pas même question de chanter des chansons françaises à Téhéran mais de reprendre de vie morceaux Iraniens datant des années 20 à 60 pour faire à nouveau résonner la voix des femmes.

Un beau film.

Les Nuits de Cabiria par Fellini (1957)

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce film, qualifié de chef d'oeuvre, c'est mon premier Fellini (pas encore vu la célébrissime Dolce Vita).
La candeur de cette pute reste touchante, j'ai commencé à me prendre au jeu en deuxième heure, quelques scènes sont parmi les meilleurs moments du cinéma, notamment dans un théâtre.
À voir !
 

viciouus

Grand Maître
#1 602
The Strangers de Na hong ji

Doit-on encore rappeler que les Coréens ont une longueur d'avance au niveau des thrillers et du polar ?
Le réalisateur du cultissime de "The chaser" revient ici avec un chef d'oeuvre à la croisée des mondes. Un film typiquement coréen qui fait figure de carte d'identité pour ce cinéma.

Ce génie joue sur tous les registres avec une justesse délirante et un rythme effréné pendant lequel on ne s'ennuie pas une seconde : humour, thriller, délire, polar, horreur, fantastique, peur, mystique...chaque partie a un dosage de génie on a l'impression d'assister à chaque instant à un film différent. C'est la première fois que je vois un film aussi riche mais aussi juste, aussi cohérent. D'autant plus que le final est ouvert et invite à la discussion.

Il m'apparaît clair et certain que ce film a relégué l'exorciste de Friedkin au rang d'antiquité.

Un film de génie qu je vous conseille de voir d'urgence !

Les ailes du désir de Wim Wenderd

Un film sur la beauté bohème avec un fond de Nick cave. Rien d'arrogant ou de prétentieux, mais des textes magnifiques et des plans lunaires sur les traits de Bruno Ganz et Solveig Damartin. Les acteurs sont à la fois sensuel et envoûtant. Wenders illustre à merveille cette frange bohème qu'incarne les Cave, pj harvey et consorts...bref, c'est un chef d'oeuvre, mais à voir lorsqu'on est pas en recherche d'excitation. Il faut être dans l'esprit d'un film de Kusturica par exemple...

 

darkside07

Grand Maître
#1 603
Tu me donnes bien envie de voir ce Wim Wenders.

Je n'ai pas trop vu son oeuvre, mais l'un de ses tout derniers films "Le Sel de la Terre", sur la vie et les photos de Salgado est une pure merveille.

Sinon, triste nouvelle, même s'il ne créait plus aujourd'hui, le scénariste d'Elephant Man est mort.
http://variety.com/2016/film/obituaries-people-news/eric-bergren-dead-elephant-man-screenwriter-1201827958/

Quelques films en bref, vu récemment :

La Mort au Trousse Hitchcock 1959

Le plus hitchcockien ? Génial film.

Dense, intense, drôle, fou, grand... Excellent moment.
Quelle filmographie n'empêche...

Lifeboat Hitchock 1943

Film de propagande intelligent, très intéressant de le voir aujourd'hui, il donne une vision des Nazis telle que la propagande US la souhaitait tout en apportant des ambiguïtés et de l'espoir.

Mustang Gamze Erguven 2015

Un film essentiel sur l'islamisation des moeurs en Turquie et l'envie de liberté de jeunes filles.

Un Virgin Suicide en mieux.

Buffet Froid Bertrand Blier 1979

Quelques années après les Valseuses, ce film marque les esprits. Apocalyptique, nocturne, cette balade absurde et sans concession nous amène dans la déshumanisation de l'urbanisme 60s 70s de Paris. C'est trash, drôle, c'est génial.

Le Diable au Corps Claude Autant-Lara 1946

Réalisateur français un peu oublié, mais estimé pour une partie de son oeuvre, il signe là un superbe film adapté d'un bouquin écrit par un adolescent en 1923.
Sulfureux, le thème est une histoire d'amour entre une jeune femme et un lycéen alors que le fiancé de la jeune femme est dans les tranchés, le film est porté par un duo magnifique, un peu long, il est néanmoins plutôt captivant.

La Règle du Jeu Jean Renoir 1939

Le film des films selon Truffaut, l'un des plus grands.
Je ne suis pas mécontent de me l'être fait, alors malheureusement aujourd'hui on ne peut pas le voir tel qu'il est sorti en 1939, 20 minutes de bandes au moins ont été perdues pendant la guerre.

D'ailleurs c'est un film qui sent la guerre, mais c'est d'abord une sorte de mélange entre théâtre et comeodia del arte, une critique de la bourgeoisie et de la noblesse de cette premoère moitié de 20ème siècle, c'est délicieux.
Dommage le son n'est pas toujours au top.

Basic Instint Paul Verhoven 1992

Enfin je l'ai vu, thriller plutôt basique au final, porté par la beauté de Sharon Stone et de sa concurrente Tripplehorn.
Un petit suspense tranquillement entretenu, de nombreuses références à Hitchcock (Sueurs Froides et Psychose), et de la sensualité au menu d'un film qui se laisse déguster.
 

viciouus

Grand Maître
#1 604
Mr.Robot

Je suis toujours plus impressionné par la qualité et les moyens mis en oeuvre dans les séries. C'est presque à se demander si il n'y aura pas quelque chose qui dépassera un jour ou l'autre le cinéma et son format classique.En tous cas la guerre est clairement déclarée entre les HBO, Netflix, History, USA network maintenant...tous cherchent à conquérir le monde par le biais d'une série phare.

Mr Robot est un thriller protéiforme qui pioche à peu prés sur toute la culture cyber-punk que l'on a produit jusqu'à aujourd'hui. Je pense qu'on ne manquera pas de trouver des tours de magies qu'on a pu voir dans des bouquins et films de références. Et pourtant, au delà des emprunts c'est foutrement bien réalisé et la réalisation réussit le tour de force de l'imprévisibilité à travers une réalisation épileptique dont les pièces maîtresses sont les personnages d'Elliot et de Wellick. On comprend avec ces personnages que c'est sans doute le volet social qui pèse plus que sur toutes les clinquantes méthodes de piratages réunies. Personnellement, j'en ai fait le tour (et même John Mcclane en a fait le tour dans un Die hard "techno").
Donc centrons nous sur ces deux personnages. Ils incarnent quelque chose de très contemporains. Ils effacent d'ailleurs pour moi les autres personnages qui sont sommes toutes transparent.

Peut être qu'il y a là quelque chose à creuser pour la saison 2 de ce côté là. Mais je crains l'embourbement scénaristique car comme bien des séries du genre je crains d'une certaine façon qu'une succession de mystères bien trop alléchants, risque tout simplement d'être terriblement décevante. La succession de cliffhanger peut faire éclater la bulle. Bien des poncifs cinématographiques sont à l'oeuvre. J'attends donc de voir comment ça va se dénouer.

En attendant, c'est une excellente saison 1. Je n'ai pas assez insisté sur la forme mais c'est dingue : ambiance sonore qui joue un véritable rôle dans la réalisation (à la manière de la série stranger things), réalisation bien léchée, psyché...Mais surtout retenons un fond socio/psychologique qu'on atteint rarement dans les séries télévisées. Elliot Anderson rejoint le panthéon des personnages intéressant avec Frank Underwood de House of cards et Rust cohle de True detective. On verra cependant si il ne fondra pas dans la banalité...

 

viciouus

Grand Maître
#1 605
Frayeurs de Lucio Fulci

Il paraît que c'est l'un des chefs d'oeuvre de Lucio Fulci pour ceux qui aiment le cinéma fantastique italien. Le film joue sur le décousu, l'absurde et la thématique du cauchemardesque. Sauf qu'en dépit de belles scènes, je suis atterré par le jeu abominable des acteurs et j'ai pas du tout accroché à la justification du cauchemar. Trop d'absurde tue l'absurde. Donc pour moi ce n'est rien d'autre qu'un navet, d'une ennui sidérant. J'en resterai sur "L'au delà" qui au contraire m'a vraiment ébloui sur tous les plans et que je conseille à tous pour découvrir le cinéma fantastique italien.
Ce même cinéma que je considère comme le meilleur cinéma d'europe d’après guerre...

Tusk de Kevin Smith

Réalisateur du cultissime Clerk. On rencontre chez lui les mêmes thèmes autour d'une race de geek particulière qui aime avant tout les films et les comics. Mais depuis Red state, il explore le slasher et l'horreur et il peinait un peu à s'insérer dans le game. Red state était redondant sur le thème du slasher et n'apportait pas grand chose d'original, il passait à vrai dire à peine le contrôle technique. Mais Tusk sur la base d'un concept loufoque parvient à un savant mélange de malsain et de comique, ce qui laisse un sentiment tout à fait original en dépit de certains vides scénaristiques.

Si le film a donc des faiblesses, il me semble avoir vu cette fois ci quelque chose de nouveau, une sorte de human centipede comique, qui peut donner de bonnes idées pour l'avenir !

Requiem pour un massacre

J'ai vu hier soir, un film comme sortis des interstices infernales de la seconde guerre mondiale. Une curiosité du méconnu (pour moi du moins) cinéma soviétique. Il y a quelque chose qui ressort directement des midnights movies, le filtre de l'image est maladif, surréaliste et confère à la réalisation des airs de visionnage sous psychotiques. On est entre les enfers et le psychédélique avec des montées absurde voir brutale de la réalisation, d'un malaise sylvestre au déchaînement de chaos. La réalisation est impressionnante et je crois qu'il faut être patient et se préparer psychologiquement avant de regarder ce film parce qu'il obéit à des codes originaux. Mais je crois que je ne me tromperais pas en le rangeant dans les grands films de guerres qui ont eu une visée artistique toute particulière. Là je pense surtout à Apocalypse Now et la ligne rouge. (Ça me rappelle d'ailleurs que Dark' m'a filé la sale habitude de matter Apocalypse now avec une bouteille, chose que je vis intensément avec Apocalypse mais que j'éviterai avec Requiem)

Personnellement j'ai été trés impressionné. Surtout par la deuxième partie du film qui m'a transporté jusqu'aux palipations. Mais je conçois facilement que Requiem pour un massacre a de quoi désarçonner, de quoi filer un avis contraire.

En tous cas, il rentre dans mon petit panthéon à moi que j'ai.

Wassup Rockers de Larry clarke

Nouveau voyage dans la filmo de Larry et cette fois-ci son film le plus normalisée. Pas de trash, pas de tabous, le film a des airs de classiques Hollywood, comme un air en faites de...Gus van sant. Et pourtant, pourtant, ça reste bon, voir même attendrissant. Clarke dresse le portrait d'une bande de jeunes authentiquement anticonformiste : des latinos rockers dans un ghetto où le rap/hip-hop règne. Des latinos qui n'appartiennent pas au monde des blacks, des blancs, ni même des latinos. On échappe pas à la thématique sociale, mais le film échoue sur les grosses lignes. Alors seule la thématique sociale amoureuse survit, avec beaucoup de tendresse d'ailleurs.
Wassup Rockers, c'est donc du Larry Clarke light, attachant, mais pas trés marquant. C'est en dessous de l'ultime "Kids" mais plus abordable que le plus malsain "Ken Park". On a un consensus quelque part...

White Bird in a blizzard de Gregg Araki

Ce cher Gregg a le don de trouver des petites teen bonnasses qui incarnent les pics hormonaux de l'adolescence. Sur un fond de drame/thriller, on a un film intéressant sur la thématique parentale avec le même fond pop flashy d'Araki. Là encore, ça reste pour moi un film original parce qu'il joue dans un autre registre, ce qui enrichit la filmo de Araki.

Donc c'est loin du trés aboutis "Mysterious Skin" voir même de sa Trilogie adolescente. Mais il m'empêche que c'est toujours trés agréable à regarder et qu'étant fan, je me suis pas ennuyé une seconde.
 

darkside07

Grand Maître
#1 606
Merci Viciouus ! De bons films qui doivent être difficiles à trouver désormais sur la toile...

J'ai vu grâce à Arte, 2 films de l'oeuvre d'Ulrich Seidl, 1 m 40 (1980) et Le Bal (1982).

Ce sont des documentaires corrosifs sur l'Autriche et sur des vies aliénées. j'ai adoré un mètre quarante !

Sinon toujours grâce à Arte, j'ai eu l'opportunité de revoir Eyes Wide Shut de Kubrick.

Un vrai grand moment de cinéma, des décors, des musiques... Splendide. Il nous manque.

 

viciouus

Grand Maître
#1 607
Dans ce lot, je te conseille vraiment Requiem pour un massacre, un peu lent au démarrage, mais ça vaut vraiment son pesant d'or dans les scènes de chaos. Sinon, je commence à manquer d'inspiration pour les films à voir...!
 

darkside07

Grand Maître
#1 608
Si tu manques de film à voir, remercie Arte, à partir de la nuit de mercredi à jeudi 15 septembre, jusqu'au 29 septembre, Arte propose 3 films de genre très intéressant je pense.

Trois films de genre des années 60/70 sont diffusés sur Arte à l’occasion de son cycle ciné-trash : un film de vampire du fameux Jess Franco, un beau film français avec la sublime Delphine Seyrig en Dracula féminine, et un méconnu giallo sixties.
Lesinrocks.com

Arte propose meme un teasing pour chacun des trois films sur son site : À voir par ici

J'espère qu'ils seront dispo en replay sur leur site... Car les horaires de diffusion sont une incitation au meurtre :lol:

Zero Dark Thirty 2012 par Kathryn Bigelow avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Joel Edgerton et une apparition de l'immense Gandolfini.

Sinon hier soir j'ai profité que France 2 nous propose ce film pour me le faire. Un film au final assez moye, qui raconte la traque de Ben Laden sans réelle ambition artistique derrière, c'est très formaté. Académique. On s'ennui donc a fortiori un peu car si tout est plutôt bien réalisé et que les décors sont de bonne facture, le film reste d'une part bien long (près de 2h40), et bien polie. Un presque documentaire quelque peu romancé, remarquez qu'on évite les poncifs, l'héroïne n'a pas de rapport avec quelque homme que ce soit.
J'ai tout de même trouvé la dernière scène plutôt réussie, on est en immersion et on se rend compte, on se remémore, du côté impérieux de cette mission.

 

viciouus

Grand Maître
#1 609
Free states of Jones

Voilà un film qui restera malheureusement au rang de l'anecdotique. Ni bon, ni mauvais. En réalité trés académique. Le sujet paraît complexe et assez pour qu'on se doute des moindres incursions de beau discours enchantés dans le terreau fermement raciste des états du sud à cette époque. Vu le sujet, je voyais venir le bisounoursisme d'hollywood.
Eh bim jackpot ! beaucoup trop de scènes s'enchaînent sans saveurs, avec des plans de lenteurs inutiles et des scènes de batailles sommaires, voir ringarde quand on se souvient de certains films sur la guerre de sécession (ex : l'immense scène de bataille dans "retour à cold mountain"). Les plans sur les dates sont d'ailleurs un aveu de confusion et correspond d'une certaine façon à la pauvreté du montage. L'handicap supplémentaire est que tout se centre sur Mcconaughey qui occupe 80% des scènes. Il y a une tentative certaine d'héroisation du personnage qui n'aboutit pourtant pas. Mattew est en roue libre, ressassant son propre jeu et on fatigue en fin de film. Finalement, pour un sujet pareil, il a manqué beaucoup de choses : une sociologie du sud qui faisait une réussite de cold mountain malgré le parasitisme de l'histoire d'amour, de l'héroïsme sur un autre angle d'attaque (l'absence de racisme du personnage), des scènes de mouvements...etc
A la genèse de la ségrégation, ce film aurait pu être une réussite si on avait pas donné plus de contour au personnage et à sa solitude. Mais je pense qu'il faudra peut être attendre le film "Loving de Jeff Nichols (Mud, take shelter) pour voir quelque chose de plus intéressant...
 

darkside07

Grand Maître
#1 610
Vampyros Lesbos par Jesus Franco 1971

J'ignorais ce réalisateur du "cinéma bis", un type qui a réalisé plus d'une centaine de films sous son nom et sous de très nombreux pseudos. Sa filmographie est affolante, d'ailleurs plus de la moitié de ses films n'ont pas de fiche wikipedia.

Vampyros Lesbos est l'un de ses meilleurs film d'après ce que j'ai pu en lire. Un film de vampires, lesbiennes. La fille de Dracula tombe amoureuse en quelque sorte.

C'est assez foireux dans l'ensemble, puisqu'il y a un parti pris érotique lancinant, il faut imaginer que nos deux protagonistes sont allemandes mais vivent en Turquie, tout est fait pour dérouter et surtout la musique, tendance hindou qui est très présente.

En somme c'est à voir par curiosité, c'est un poil chiant mais c'est délirant. Boire un coup avant la séance.
 

viciouus

Grand Maître
#1 611
Green Room de Jérémy saulnier

Lorsque le cinéma aborde la thématique du monde punk, on se rend compte que la trés grande majorité des films produits ont tournés autour de la sous-catégorie des Skinheads. Le cinéma fourmille de ces films (souvent réussis) qui traitent alors de ce restant de monde blancs prolétaires qui se saisit encore de la violence urbaine pour exprimer sa frustration. Les thématiques sociale et de la meute fondent ainsi la plupart des films skinheads avec les mêmes codes mais sur des angles différents. Jusqu'à nous donner des déclinaisons assez répétitives bien qu'originales en fin de course : les skinheads en australie (romper stomper), les skinheads en france (un français), les skinheads en amérique (american history x), les skinheads en angleterre (made in britain)...etc
Pour les plus réussis on obtient donc des traitements de qualité, mais la prolifération du genre centré sur les skinheads d'extrême droite occultent la diversité du monde punk qui est ainsi noyé au stade de cliché. Il n'y a ainsi que peu de films qui parviennent à dresser une fresque plus large du monde punk et skinheads et surtout à se détacher de la thématique sociale pour se livrer à d'autres thématiques comme par exemple l'humour dans SLC punk ! ou même dans la musique pur, ce qui est comble pour un mouvement fondé sur la musique.

Alors finalement rien que pour son scénario de départ, on trouve directement une originalité à Green Room qui utilise le monde Punk pour celui du Thriller/slasher.
On découvre ensuite mieux encore que la thématique musicale, rare dans la BO occupe une bonne partie du film, d'une manière assez décalée.
Beaucoup de choses parviennent à l'originalité dans ce film qui je dois dire est une perle de suspense et de divertissement : une trame scénaristique imprévisible qui brise les codes du slasher. Des personnages désabusées qui correspondent parfaitement à la scène hardcore, un décor glauque...etc
Mais dans le fond, c'est également une expédition sur la minorité d'une scène hardcore méconnu qui dessert d'ailleurs notre petit groupe punk dans la galère. Les références sont pléthoriques, un vrai régal pour les africionados du genre et étant fan de ce genre, c'était un régal, ni prétentieux, ni vulgarisé, ni de cultes de la référence avec des branlettes de chapelle. Au final, on en arrive donc à un film hybride, un thriller à suspense fermement ancré dans la culture musicale, qui se permets le luxe d'un humour et d'une diction décalé, désabusé, qui fait là encore honneur à la mentalité rageuse, cynique et tourmentée du milieu hardcore.

Mais la réussite au delà des références musicaux réside dans le fait qu'on peut s'en foutre et se régaler sur la seule trame scénaristique. Et à la limite, cela offre un décor plutôt exotique pour ceux qui ne connaissent pas cette scène.

Donc vous l'aurez compris, pour moi c'est un excellent film, divertissant, soigné, référencé qui mérite d'être dans le club des trés bons films !!!


 

darkside07

Grand Maître
#1 612
je note pour Green Room !

Les vacances de M. Hulot par Jacques Taty (1953)

Bah oui il le fallait putain. Voir ce film tout de même.... Culte du culte.

J'y suis allé comme on se rend à une partie de foot un mercredi après les cours lorsqu'on est encore jeune étudiant, et c'était peut-être pas l'idée du siècle.

Ce film est exigeant, car il utilise un dispositif comique que je n'avais encore jamais rencontré.
Il est presque muet, une importance énorme a été donnée aux bruitages, de portes, de sa fameuse voiture, ou de tout autre objet tout le long du film. Tellement que le bruiteur prend l'ascendant sur le scénariste.
Comique hommage à Chaplin, critique acerbe des vacances de la jeune bourgeoisie dans la France d'après guerre. Les vacances de M. Hulot est un film qui a de multiples grilles de lecture et je sais que je n'ai pas tout saisi, parfois par inattention car le film a un rythme qu'il m'a été difficile de suivre, l'ennui arrivant par moment.

Hulot interprété par Taty est en tout cas un personnage incroyable, il a une déguène ridicule mais imposante. Son histoire d'amour pour une jeune, très jeune femme, est difficilement crédible mais en même temps symbolise sa psychologie, une sorte d'éternel naïf, contemplant comme il peut ce monde qu'il ne comprend pas.



Allez, on passe dans du Teen Movie !

Trois souvenirs de ma jeunesse par Arnaud Desplechin (2015)

J'affectionne beaucoup le genre... Et ce film ne m'a pas déçu.

C'est un film flash back où Amalric interprète le héros devenu adulte, il se remémore trois souvenirs de son enfance, principalement son adolescence qui occupe l'essentiel du film.
Une adolescence qu'il passe avec l'irrésistible Lou Roy-Lecollinet, Amalric étant interprété par le très bon Quentin Dolmaire.
C'est une romance autour d'une histoire d'amour passionnelle, d'une très grande densité, dans la France de la fin des années 80 où le courrier a encore une grande place.
Desplechin prend un risque énorme en filmant des lectures de lettre poétiques face caméra, c'est réussi et cela contribue grandement à l'intérêt qu'on doit porter à ce film. Un film qui traite de la séparation, de l'apprentissage et des sentiments, on est proche de Rohmer d'une certaine façon, même si le côté formel en est très éloigné.

Je recommande.
 

viciouus

Grand Maître
#1 613
Tu peux noter aussi "Blue Ruin" du même réalisateur !

Blue Ruin de Jérémy Saulnier

Empreint de la même signature que Green Room, Blue ruin livre l'itinéraire froid et humide d'un anti-héro déboussolé. Ce qui est étonnant, c'est la position de faiblesse permanente qu'occupe les personnages de Saulnier. Cette position contribue fortement à l'incertitude qui règne sur la fin de l'intrigue. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce film qui est réussi de bout en bout avec la force du suspense et du divertissement. La photo est agréable avec un côté automnale qui convient parfaitement à cette première journée d'automne. La société américaine y est dépeinte avec une subtilité d'arrière fond qui convient à ces grands films du même thème : American Beauty, Killer joe. L'acteur principal qui m'est méconnu (mais qui a joué un rôle dans green room) identifie par ailleurs l'individu lambda, ce qui contribue à l'identification de chacun. De toutes façons, on voit la force de la mise en scène quand on se rend compte que les dialogues pourraient tenir sur une page A4 recto versos. Les choses se contemplent, c'est ptete ça le vrai cinéma.

Franchement, je te le conseille trés vivement, il n'y aura pas de place pour l'ennui et il me semble que c'est un mec à suivre de près !
 

viciouus

Grand Maître
#1 614
Mud de Jeff Nichols

Une très grande d'histoire d'amitié et d'amour, sans une once de scène charnelle.
Le vieux fond ambiant du midwest fluvial donne un goût de conte romantique américain et les personnages sont superbes, les gamins crèvent l'écran. Tout le charme du film réside dans le thème de l'amour déçu vécu par les hommes et leur âme romantique, à la fois fougueux et retenu. Les femmes sont en retrait, mais elles constituent ce tout pour les hommes qui entraînent l'intrigue. Il y a beaucoup de beauté et de subtilité, assez pour en faire une perle cinématographique

Comancheria

Un film particulièrement acerbe qui est selon moi, un des films les plus dissidents que l'amérique ait produit.
Sous un vernis de western à la fois drôle (parfois vraiment drôle) et dramatique, il y a un portrait social à la croisée de l'ancien rêve américain et du réel brut. L'exposition d'un monde ancien qui essaie désespérément de se débattre face l'aspiration du monde nouveau. Les acteurs sont excellents avec un indéboulonable Jeff Bridges et d'étonnants Chris Pine et Ben Forster.
 

viciouus

Grand Maître
#1 615
Irréversible de Gaspar Noé.

Une belle maîtrise du montage avec une réalisation plutôt intéressante de traveling quasi-permanent. Ce film était célèbre pour la scène sur Monica, mais finalement,étant rôdé par les films chocs, je ne sais pas quel est le message de ce film si il y en a, je ne sais même pas quelle est la portée du choc. Ce qui me dérange, c'est que je ne vois pas d'autres messages que le plaisir de l'exhibition et de la violence. On aurait pu penser à une critique trash du libertinage extrême dans cet univers de sexe totalement décomplexé, peut être de manière subtile. Mais seul l'univers ambiant (bien retranscrit) parvient à nous l'inspirer.

Si les scènes sont très bien découpées dans ce cadre dé-chronologique, quelques réactions violentes sans incohérentes. Certes, la première phase du film est explosive et maladive, une belle petite prouesse dans un monde de sexe désinhibé. Mais la seconde phase censée couper avec l’extrémité de la première est d'une certaine banalité, avec l'abandon du postulat artistique de départ (traveling)

Il y a ce petit quelque chose de surfait qui gâche l'ensemble de la prestation. Sentiment qui plus est confirmé par la BO de fin.
J'aurai aimé peut être plus de suggestion ou sans doute que ce genre de film choc ne m'intéresse plus, sachant à présent les frontières du trash dans le cinéma. Finalement l'intérêt résidera dans les premières minutes du film qui me rappelle cette ambiance de The cruising.

Soit dit en passant, on peut quand même applaudir le jeux des acteurs qui ont été remarquable.

 

darkside07

Grand Maître
#1 616
Ça me donne quand même envie de voir Irréversible. En tout cas je te recommande Enter The Void du même réalisateur, bon film sur la drogue et l'expérience de la mort.

Marie Octobre de Julien Duvivier

Très bon huis clos, probablement inspiré par 12 hommes en colères. C'est en quelque sorte un remake sur la forme, avec une intrigue différente.
10 personnes se retrouvent dans une belle demeure 15 ans après la résistance. Ce groupes d'ex résistants ne s'est pas croisé depuis lors. Après une introduction en banalités, l'intrigue débarque et elle est violente. L'un d'entre eux a été assassiné 15 ans auparavant, et, un ex de la gestapo a annoncé à l'hôte quelques jours avant que cette mort était due à une fuite parmi le groupe.
S'en suit un procès de 80 min pour déterminer le coupable, le tout remarquablement interprété avec Danielle Darieux, Lino Ventura, Bernard Blier, Serge Reggiani....

Dans la brume électrique Bertrand Tavernier (2009)

Super film dans l'esprit du Bayou. Un bon gros film sur l'Amérique profonde (comme MUD en somme) avec un casting 5* et une histoire intéressante. Je recommande vivement sans en dire davantage.

 

viciouus

Grand Maître
#1 617
Le septième continent de Michel Haeneke

J'ai connu Haeneke par l'intermédiaire de Funny games qui est sans doute, son film le plus connu. D'ailleurs il me semble que Haeneke n'avait pas tout à fait apprécier la réception de ce film qui était vu comme un simple film jouissant du cynisme et de la violence de ses personnages. Il faut dire que le film avait tout de rock'n'roll, il n'y avait qu'un pas pour qu'il tombe dans les films de la "pop culture" type Requiem for a dream, Las vegas Parano ou encore Fight club. Inventif, cynique, violence. Toutes les qualités vantés par notre temps.

Le film avait donc ce côté malin et inventif qui finalement se fondait dans la masse des films précédemment cités.

Ainsi j'ai du attendre plusieurs années avant de me relancer, car honnêtement je percevais Haeneke comme un type chiant habitué des grands prix du cinéma Bobo, d'un genre escroc malin, dans le genre côté obscur de Tarantino.

Grand dieu. J'ai eu tort.

En me procurant la trilogie de la glaciation émotionnelle, j'ai fait face à un réalisateur qui a un talent étonnant pour la représentation de la violence.

Le parti-pris de la réalisation colle parfaitement avec le postulat du film et peu à peu on plonge jusqu'au choc.

Ce film est vraiment extraordinaire et j'ai l'impression de n'être qu'au début d'une trilogie mémorable.

Je ne veux pas m'étendre car ce cinéma là est plutôt demonstratif et ne s'encombre pas de bavardages.

On en vient directement aux faits !

A voir !
 

viciouus

Grand Maître
#1 618
Mission de Roland Joffé

Excellent film sur la face éclairée du catholicisme desservis par des acteurs qui crèvent l’écran par leur présence. Jeremy Iron, Robert de niro, Liam Neeson...

Ce film regorge de beautés à la fois humaine et naturelle.

On en vient souvent à oublier que le cinéma parvient à célébrer la beauté...Rolland Joffé parvient à atteindre ce but.
 

viciouus

Grand Maître
#1 619
Ttu ne tueras point

Passe d'armes surréaliste de Mel Gibson sur un sujet paradoxal. La guerre sans l'aimer comme dirait l'autre.
On va pas se cacher que c'est typiquement Mel, il assume intégralement la présence religieuse, on ne passera pas non plus sur les clichés situationnels du personnage déterminé. Mais sur la forme il y a quelque chose d'à la fois angélique et infernale, la passion de l'extrême comme bon américain qu'il est.

On peut tout dire sur Mel Gibson, mais c'est un des rares acteurs-réalisateurs qui arrivent à filer un spectacle du divertissement avec une belle maîtrise de la mise en scène. D'autres sont bons à leur manière (Clint eastwood, sean penn...etc) mais lui traînent quand même derrière lui une réputation de films ultra-cultes dont on se complaît à boire le taux de testostérone pur. Parmi ses réalisations, on notera d'ailleurs l'excellentissime braveheart.

Sur le fond, l'absurde frise le surréalisme et je suis finalement surpris de voir une profondeur intéressant à ce film. Je m'attendais trés certainement à quelque chose de bourrin, je ne me suis pas trompé. Mais il y a quelque chose d'ironique et absurde dans l'air qui me donne l'impression d'un message bien travaillé de Gibson qui arrive à atteindre le but supposé de son personnage. Et quand j'y repense, entre the patriot ou we will soldier. J'oublie que c'est quand même le réalisateur d'un controversé mais trés intéressant passion du christ et d'un apocalypto crépusculaire.

Au fond peut être qu'il prouve doucement, qu'il est à la manière de Michael Bay, bien plus subtil que sa réputation laisse entendre.
 

darkside07

Grand Maître
#1 620
L'amour est un crime parfait des frères Larrieu (2014)

Un film étonnant, une sorte de thriller psychotique avec Mathieu Amalric dans le rôle principal, celui d'un prof de littérature à la libido débordante qui se retrouve confronté à la mort d'une de ses jeunes conquêtes.
Tourné dans le froid des montagnes Suisse et dans la superbe université polytechnique de Lausanne, le film mélange un humour bouffon, un casting 5 étoiles (Denis Podalydes, Karine Viard, Maïwenn, Sara Forestier) et une intrigue simple mais bien menée.

Une bonne surprise.
 
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