Bisounours world : un monde sans races.

  • Auteur de la discussion Figatelu
  • Date de début

mezigo

Modérateur
Staff
#481
Tu ne m'as pas compris : origine me convient très bien. Comme le dit la chanson : on est né quelque part. On a tous une ou des origines.
Et quand on est d'un caractère fort, on peut dépasser ses origines en devenant original.
Ce que la race ne permet pas.

En fait, l'origine garde son individualité à l'individu. C'est une part de sa personnalité d'être humain unique, même si c'est une part héritée ou transmissible (en partie, cf les expérimentations russes de ces 30 dernières années sur l'inné et l'acquis lors de la domestication des renards).

La race, c'est la négation de l'individualité. C'est la croyance superstitieuse dans le fait que tout serait écrit par avance. Tu es né Arabe, t'es un voleur. Tu es né Belge, t'es un con. Et ce quelles que soient tes qualités individuelles. Ça, c'est contenu dans les mots "races humaines".
Pour le raciste, le "Français moyen" est une personne qui existe, que l'on peut rencontrer.
Pour le pragmatique, le "Français moyen" est une illusion créée par la statistique. Et les Français d'origine métropolitaine ne ressemblent pas au "Français moyen" individuellement, mais agrégés dans une création théorique. C'est pour cela que je fais la différence entre "origine" qui respecte l'individualité, et "race" qui la rejette.

Enfin, tu parles de différences entre les patrimoines génétiques des uns et des autres. Ces différences existent et sont même parfois plus grandes prises entre deux individus extrêmes d'une même origine qu'entre deux individus d'origines différentes. Pour te la traduire en "raciste" : tu peux trouver deux noirs qui auront plus de différences dans leurs gênes qu'un autre couple formé d'un noir et d'un blanc. C'est cette variabilité qui rend inapplicable le mot "race humaine" dans un contexte scientifique. Et si "race" est déshabillé de toute science, il ne lui reste plus que son aspect "conscience".

Et je me répète, race du point de vue de la conscience est porteur de dérives avérées, expérimentées au cours de l'Histoire et devrait se limiter à une utilisation désuète. J'ai chez moi des assiettes à dessert racistes "humoristiques" qui mettent en scène des affrontement Français-Anglais du côté de Madagascar. On peut y voir un tambour major à côté de son instrument et d'un tas de cadavres noirs, qui s'exclame "depuis que l'on m'avait percé mon tambour, je ne savais plus sur quelle peau d'âne taper !".

Et bien ça, ça ne doit pas être nié, mais bien compris comme appartenant au passé.
Je suis anti-égalitariste. Nous sommes tous différents. Et ces différences font que l'on a des origine, mais que l'on ne rentre dans aucun standard de race.
J'avais lu il y a 40 ans un texte qui disait que s'il y avait des races humaines, il en faudrait une par individu. On aurait 7 milliards de races...
 

Figatelu

Grand Maître
#482
Dès lors, comment définir les différences entre les blancs, noirs etc. ?

Comment se fait il que l'homme qui est capable de tant de prouesses, ne parvient pas à accepter son semblable d'une autre couleur ?

Est-ce cela ne vient pas du peu d'instinct animal qui lui reste et donc de sa nature ?
 

mezigo

Modérateur
Staff
#483
De bonnes questions, si on évite de calquer une idéologie toute faite dessus...

Comment définir les différences ? Comme des différences, rien de plus. Ma copine antillaise se définissait comme une noire, et surtout pas comme une black. Pour elle, il n'y avait rien d'américain en elle. Pour moi, être noir ou être gros (ou grand) est une caractéristique personnelle. Certes, c'est lié à une origine, mais ça a moins de poids que l'histoire familiale, sociétale qui crée notre origine.
Je suis offusqué avec un petit sourire amusé quand Sarkozy dit que quand on devient Français, on a des ancêtres Gaulois.
Non, on se crée, on adopte une origine. Mais ces nouveaux ancêtres Gaulois ne se substituent pas à notre origine et aux ancêtres de nos ancêtres. On peut être fidèle à la France sans renier ses origines.
Et on peut développer son originalité tout en forgeant une France nouvelle mais cohérente.
C'est cette capacité de mélange qui fait que les races humaines n'ont pas vraiment de sens aujourd'hui.

Ta deuxième question, c'est l'origine de la xénophobie.
On pourrait croire que c'est un réflexe animal : je me méfie de ce qui est différent. Mais il suffit d'élever des enfants en crèche pour se rendre compte qu'il n'y a rien d'inné dans tout ça. La xénophobie, c'est de l'acquis.
 

viciouus

Grand Maître
#484
M'enfin, d'un point de vue strictement visuel relevant du faciès et en dépit de la diversité génétique humaine, la race trouve une certaine résonance. Une personne typée africaine partagera les mêmes caractéristiques : peau noire, cheveux crépus, nez plus large, lèvres plus saillantes...etc qu'elle vienne de papouasie, que d'afrique du sud ou de l'éthiopie. T'appelle ça une origine, d'autres plus pudiquement une ethnie...etc. Tout le reste c'est de la sémantique. On ne va pas commencer à trembler parce qu'on identifie un type selon une grande catégorie d'individus qu'on appelle noire.

Les grandes catégories d'individus se rassemblent autour de ces communautés de faciès. Cette communauté a partagé un continent où elle s'est propagée et a cultivé une culture continentale propre, ex : l'influence considérable de la culture confucianiste/boudhiste asiatique sur le continent Asiatique...etc.
Bien des choses sont relatives de la culture à la génétique, tu as raison, mais tu nies le fait qu'il existe un fondement, des grandes lignes qui définissent l'individu. A bon droit, tu diras que les jaunes sont une absurdité, car les japonais sont très différents des chinois. Mais en remontant à la base, ils partagent malgré tout une discrétion asiatique particulière.

La culture n'est pas indépassable et l'individu a toute latitude pour évoluer, mais la réalité, au delà de l'idéal, c'est que les hommes ont évolués dans des grands groupes avec leur caractéristiques communes et j'irai jusqu'à dire que les siècles ont fait que cela s'est répercuté sur leur physique. ex tout bête, les asiatiques ont peu de pilosité contrairement aux européens, en dépit du fait qu'un japonais partagerait un patrimoine proche de celui d'un italien.

 

mezigo

Modérateur
Staff
#485
J'ai oublié aussi un volet important dans ma réponse : la xénophobie est générée aussi par l'ignorance ! :)
Par exemple, toi, VIciouus, tu écris "les Chinois". Mais la Chine n'est pas un petit territoire avec une population homogène. Rien que sur la taille, tu peux trouver des populations très petites et d'autres quasiment géantes, avec des faciès très différents. Elles partagent la même nationalité, la même écriture, mais ni la langue ni un bon nombre de caractéristiques.

Quand on est jeune, très jeune, on découvre le monde et on accepte sa propre ignorance. Quand on devient plus vieux, on se pétrit de certitudes et alors, on rejette ce que l'on ne comprend ou ne connait pas. La xénophobie peut s'installer.

Enfin, je ne nie pas, contrairement à ce que tu affirmes, que l'origine d'un individu le rapproche d'autres individus de même origine. Mais je le prends comme individu libre de son destin, et pas comme un bétail prédéterminé par une race. L'état actuel des connaissances de l'humanité devrait permettre de faire la différence. C'est pour ça que ce terme est désuet et que ceux qui s'y accrochent ont leurs curseurs bloqués à un temps passé et que ce passéisme est porteur d'un risque de dérives dangereuses. À chacun son époque. Race humaine est une expression de l'époque de l'esclavagisme et de la solution finale. On peut peut-être entrer dans l'époque de la génétique ?
 
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